Josse Bade, Quintilien, De institutione oratoria (1516)

Bade (ou Badius) (1462-1535 v.) est un des meilleurs représentants de l'humanisme de la Renaissance à ses débuts en France. Originaire du Brabant, il voyage en Italie et y acquiert une solide éducation classique et la parfaite maîtrise du grec qu'il enseigne par la suite à Lyon et à Paris. À Lyon, il corrige les épreuves de l’imprimerie de Jean Trechsel, allemand d’origine, premier typographe établi dans la ville, dont il épouse la fille. Associé à son beau-père, il édite les auteurs latins, puis après la mort de Trechsel, travaille pour son propre compte. Robert Gaguin, bibliothécaire du Louvre, l’engage à venir à Paris pour s’y perfectionner dans son art et pour y enseigner la langue grecque. Josse Bade s'y installe à partir de 1499, et ouvre une imprimerie, rue Saint-Jacques, à l’enseigne des Trois Loups. Il est un des premiers à employer le romain de manière systématique pour le texte courant. Ses caractères à ses débuts proviennent semble-t-il de Venise. Puis, il fait graver de nouveaux poinçons qui demeurent en usage dans son imprimerie jusqu'en 1537. Rendez-vous des humanistes au tournant du XVIe siècle, l'imprimerie de Badius est alors la plus importante de France et il est honoré du titre d'imprimeur de l’Université, en 1507. Érasme et Guillaume Budée ont fait l'éloge de Josse Bade en tant que commentateur des auteurs latins et comme éditeur, imprimeur et typographe savant. Son fils Conrad (1510-1568) fut également un imprimeur de talent et fit graver quelques beaux caractères, mais en raison de ses convictions calvinistes, il dut quitter Paris pour se réfugier à Genève. Les trois filles de Josse Bade, Catherine, Jeanne et Perette épousèrent respectivement Michel Vascosan, Jean de Roigny et Robert Estienne, soit trois des plus grands imprimeurs parisiens du XVIe siècle. L'exemplaire du De Institutione Oratoria de Quintilien présenté dans ce dossier constitue le douzième volume de l'édition mise en œuvre par Josse Bade. Il est composé pour le texte courant des romains dont il s'est doté vers 1509, mais il comporte également des titres en gothique, ce qui était encore courant dans la première moitié du XVIe siècle.
Document : bibliothèque de l'école Estienne.