Estienne, Garamond, les grecs du roi (1540-1544)

Voulus par François Ier et mis en œuvre par Robert Estienne qui dirige leur gravure par Claude Garamond, les caractères grecs viennent soutenir les travaux d'Estienne et sa charge du Collège des trois langues. Ils se révèlent d'une grande nouveauté et sont considérés dès leur apparition comme surclassant ceux d'Alde Manuce. Trois corps différents sont gravés : un corps moyen ou « gros romain», en 1543, un petit corps ou « cicéro », en 1546, un gros corps ou « gros parangon », en 1550. Le dessin des poinçons s'inspire de l’écriture d’Ange Vergèce, calligraphe grec installé à la cour de France, et ses multiples ligatures. Une des particularités est l’introduction des accents et des esprits à l’aide de lettres crénées, et la virtuosité de Garamond est manifeste dans les ligatures et le traitement des abréviations. Pour chaque nouveau corps, Robert Estienne publie un alphabet : en 1548, pour le cicéro, en 1550, pour le gros parangon. Le premier ouvrage imprimé avec les Grecs du roi est l’Histoire ecclesiastique, d’Eusèbe de Césarée (Eusebius, Ecclesiasticae historiae, 1544). Robert Estienne y rédige une épître dédicatoire à François Ier : « … il a ordonné aux ouvriers les plus habiles d’exécuter des caractères de forme moderne et élégante. Avec ces caractères, les plus beaux ouvrages, imprimés avec soin et multipliés à l’infini, se répandront dans toutes les mains, et déjà nous en livrons au public un spécimen en langue grecque. »
Document : bibliothèque de l'école Estienne