Jean Jannon, Epreuve des caractères (1621)

Jean Jannon, typographe et imprimeur à Sedan pour le compte de l'Académie de la ville, soit l'université calviniste établie par le prince de Condé aux frontières du royaume de France, se dote de caractères inspirés de ceux de Robert Estienne. Il en publie une épreuve, en 1621. En introduction, s'adressant « Aux imprimeurs », il indique que l'art de l'imprimerie s'est sensiblement dégradé dans les dernières décennies. Il rappelle que de grands noms ont auparavant porté cet art à un haut degré de perfection : Conrad à Rome, Alde à Venise, Froben à Bâle, Estienne à Paris, Plantin à Anvers, Wechel à Francfort. Il entend se rattacher à cette tradition en créant un important assortiment de caractères, ceux alors à disposition ne lui convenant pas. Il réalise donc une série de poinçons et de matrices sur une vaste échelle, depuis des grands corps de titrage jusqu'à de très petits corps, romain et italique. Il dénomme « sedanaise » ses plus petits corps de taille inédite. Par la suite, une partie de ses poinçons est rachetée par l'Imprimerie royale, à Paris, lors de sa création, en 1640. Leur emploi sera épisodique dans les publications de l'IR, et plutôt en grands corps. Une erreur d'attribution dans le rangement du patrimoine de l'Imprimerie au début du XIXe siècle conduira à confondre les types de Jean Jannon avec les garamonds, probablement issus de Le Bé, dont elle disposait également mais dont les poinçons avaient disparu pendant la Révolution.
Document : Imprimerie nationale