Révolution française (1789-1796)

Les métiers du livre et de l'imprimerie sont profondément bouleversés durant la période révolutionnaire. L'abolition des corporations (1791) et l'exercice de la liberté d'expression conduisent des centaines d'anciens compagnons et protes à organiser des imprimeries. Ces entreprises souvent de petite taille vivent pour l'essentiel de la floraison des bulletins, feuilles périodiques, affiches, décrets ou proclamations, plutôt que de la parution de livres largement ralentie par les événements. Les types de Baskerville sont employés dans les publications des Girondins, tandis que les Didot incarnent l'image austère et vertueuse que revendiquent les Jacobins. Bizarerie typographique, Marat compose son journal L'Ami du peuple en Romain du roi, dont il a récupéré les fontes à l'Imprimerie royale, dans la confusion des débuts de la Révolution. Sa veuve devra les rendre à l'Imprimerie nationale qui se constitue peu à peu sur les décombres de l'Ancien Régime.