Normandes (1810, à partir de)

La production de caractères ultra gras dessinés selon la structure des Didot semble débuter sous l'Empire. Elle est concomitante à / ou suit de peu l'apparition des égyptiennes. Les Didot eux-mêmes en ont peut-être gravés, qui n'apparaissent cependant dans aucun spécimen. Il existe en revanche des « lettres pour affiches » au sein de l'Imprimerie royale, dès 1819, qui ressortent de ce nouveau genre typographique, destiné à capturer l'attention des passants. Il est vraisemblable que leur origine soit française, ne serait-ce qu'en raison de leur forme explicitement didone, c'est en Angleterre toutefois que ces types, dans les années 1810, commencent d'être largement employés. Une décennie plus tard, les imprimeurs français à leur tour s'adonnent à leur composition dans la réclame et les bilboquets, opérant une des premières réponses de la typographie aux besoins de la « communication visuelle » naissante. L'appellation de « Normandes » qualifiant ces caractères se popularise seulement dans la seconde moitié du XIXe siècle.