Pierre Didot, Specimen des nouveaux caractères (1819)

Le spécimen publié par Pierre Didot, en 1819, constitue un recueil de l'ensemble des caractères destinés au livre que le graveur Vibert, avec qui désormais il travaille, a réalisés. Suivant le principe du point Didot, mesure établie dès la fin du XVIIIe siècle, la hiérarchie des corps est simplement déclinée selon cet ordre numérique, les anciens noms sont définitivement abandonnés. Le Journal des savants commente l'ouvrage l'année de sa parution : « Specimen des nouveaux caractères de la fonderie et de l'imprimerie de P. Didot l'aîné, dédié à Jules Didot fils, Paris, chez P. Didot l'aîné et Jules Didot fils, 1819, grand in-8° pap. vél.; quarante feuillets, imprimés seulement sur le recto : le premier contient le frontispice ; le second, un avis ; les trente-huit autres, des épreuves de différents caractères d'imprimerie, depuis celui que M. Didot nomme le quatre et demi (quatre sixièmes et demi de ligne) jusqu'au vingt et un (trois lignes trois sixièmes). Ce sont des pièces de vers, composées par M. P. Didot, qui remplissent ces trente-huit pages. “J'aurais bien pu, dit-il au lecteur, J'aurais bien pu, suivant l'usage / Répétant le même passage / Ou le tronquant à tout propos / A l'aide de quinze ou vingt mots / Composer une vaste page / A tes yeux offrant par étage / De mes caractères nouveaux / Petits, moyens, plus ou moins gros / Le simple et complet assemblage.” M. Didot a voulu que le specimen de ses caractères fût en même temps un recueil de quelques-unes de ses poésies : nous croyons que les lecteurs lui en sauront gré ; c'est le premier tableau de ce genre qui méritera d'être lu et non pas seulement regardé. ll auroit assez fixé l'attention des amateurs de l'art typographique : il intéressera les littérateurs, et aura deux titres aux suffrages du public. »
Document : Archives Signes.