Affiches typographiques (1850-1870)

Sous le Second empire, la communication par l'affiche se généralise. Réclames pour des marques alimentaires, des produits manufacturés, des établissements de commerce, annonces de publications par des éditeurs, par des périodiques, affiches de théâtres, de cabarets, de cirques se concurrencent sur les murs. Techniquement, la production balbutie. Entre la lithographie en noir et blanc des affiches de librairie et les premiers essais polychromes, l'impression demeure artisanale et approximative. Les éditeurs proposent à leur clientèle des solutions mixtes qui permettent d'imprimer à moindre frais des affiches disposant d'une imagerie originale mais surtout accompagnée de grands renforts de textes. Ces productions peuvent être qualifiées de typographiques dans la mesure où l'essentiel de leur surface est réservé aux textes, installés dans un cadre composé de caractères mobiles – gravés en bois pour les plus grands. Certaines sont d'ailleurs purement typographiques, par souci d'économie et volonté de capter l'attention du passant par leurs spectaculaires jeux de lettres. Des fonderies offrent une palette de plus en plus diversifiée de caractères bois pour affiches, et des établissements se spécialisent dans ce registre, mettant à l'honneur normandes, égyptiennes et antiques dans toutes les déclinaisons possibles (voir dossier : « Spécimen Bonnet (1860 v.) »). La plupart des « affiches typographiques » comportent une simple vignette, nécessitant une seule impression supplémentaire en général en lithographie à l'encre noire. Il existe parfois plusieurs versions d'une même affiche qui se distinguent par la taille du cadre typographique : c'est le cas de la célèbre affiche « Les chats », illustrée d'un dessin de Manet pour la parution de l'ouvrage de Champfleury, en 1868. L'avènement de la chromolithographie dans les années 1870-1880 fait sensiblement reculer l'« affiche typographique » dont l'emploi se limitera aux réclames bon marché, aux spectacles à deux sous, mais également à l'affichage sur les colonnes Morris jusqu'à l'entre-deux-guerres.
Documents : Médiathèque de Cambrai, Bibliothèque nationale de France et collections particulières.