L'Astrée, Deberny et Peignot (1923)

Charles Tuleu (oncle de Charles Peignot) choisit pour lui succéder Robert Girard, fils d'un de ses camarades de Polytechnique. La société Deberny, qui était la propriété de Tuleu, est ainsi dirigée par Girard, lequel, constatant le succès des Cochins de Peignot, entreprend de dessiner lui-même, vers 1913, un type dans le goût jensonien. Après guerre, Charles Peignot, en charge de la fusion des deux grandes fonderies Deberny et Peignot, doit contractuellement poursuivre la gravure de caractères initiés des années auparavant, comme le Naudin ou le type de Girard. Il décide de baptiser Astrée ce dernier – « énonçant par là que j'en attribuais la conception à une époque révolue », selon ses dires. Et le met en valeur dans un spécimen composé par lui-même, « évoquant une atmosphère vaguement XVIIe siècle ». « Heureusement, tant pour le Naudin que pour l'Astrée, il existait alors dans le monde de l'imprimerie et dans celui de l'édition une absence quasi totale de culture et de curiosité typographiques ; et ces deux caractères firent une carrière modeste… » Charles Peignot, « Les Peignot : Georges, Charles », Communication et langages, vol. 59, n° 1, 1984, pp. 61-85.
Documents : archives Signes