Le Banjo, Maximilien Vox, Deberny et Peignot (1933)

L'originalité du Banjo, publié en 1933 par la fonderie Deberny & Peignot, est de posséder deux chasses, que le spécimen conseille d'ailleurs de combiner en prenant garde de composer d'abord en chasse large avant d'installer les lettres étroites. La paternité de son dessin demeure incertaine, dans la mesure où aucun créateur n'est mentionné. Mais Maximilien Vox caressait le projet de longue date d'une typographie destinée à concurrencer la lettre dessinée, avec des largeurs variables et des possibles alternances de larges et d'étroites. Le Banjo, ou l'« antique à deux chasses » selon la terminologie de Deberny et Peignot, a sans doute été inspiré par Maximilien Vox, sans qu'il ait revendiqué sa création. Dans un autre spécimen consacré à l'Europe, sous l'intitulé L'Europe, et les fantaisies Acier, Banjo, Film, le Banjo est ainsi présenté : « Un caractère riant, d'une amusante fantaisie, et avec lequel on peut, littéralement, jouer : Banjo c'est “le sourire de l'Europe”. » Plus ou moins conçu en fonction de l'Europe, il est plusieurs fois indiqué comme un « satellite » de celui-ci, au même titre que l'Acier de Cassandre et le Film de Jacno, ses autres contemporains.