Le Garamont, Deberny et Peignot (1927)

« Après de longues années d'études et de mise au point, la réalisation du “caractère d'après Garamont” qui fut commencée en 1912 sur l'initiative de Georges Peignot est aujourd'hui complètement terminée », ainsi la fonderie Deberny et Peignot s'adresse-t-elle aux imprimeurs dans le premier spécimen mis à leur disposition en 1927. Il y est également fait mention de la publication de lettrines et de vignettes anciennes et modernes, ces dernières gravées par René Ben Sussan. La Grande guerre avait interrompu la fabrication du type, il aura fallu quinze années pour l'achever. Entre temps, Béatrice Warde dans son célèbre article du Fleuron aura pointé l'erreur commise par l'Imprimerie nationale, qui avait gravé son « Romain de l'Université », en 1900, en l'attribuant par erreur à Claude Garamond, alors que le modèle était un caractère de Jean Jannon, dessiné en 1620. Deberny et Peignot s'étant appuyé sur le même modèle, son Garamont s'avérait également inspiré du Jannon et non du type originel créé dans l'atelier de Robert Estienne, vers 1530. Si bien que le texte de présentation au sein du spécimen prend la précaution de signaler qu'il s'agit d'une gravure d'« après Garamont ». En 1933, un second spécimen est publié.
Document : archives Signes.