Spécimen général, tome 1, Deberny & Peignot (1926)

Le Spécimen général publié en 1926 consacre la fusion des deux plus grandes fonderies françaises : Deberny et Peignot. Une longue préface rappelle l'histoire des deux entreprises, depuis Balzac, pour Deberny, et le patriarche Gustave Peignot. Outre ces précieuses références, le texte souligne l'opportunité de cette fusion à l'heure où les imprimeurs sont à la recherche d'un style moderne en typographie. Désormais Deberny et Peignot peut se prévaloir de posséder les meilleurs didot et elzevir, rachetés avant guerre à Beaudoire, les séries 16 et 18, ainsi que les classiques de la Belle Epoque, Grasset, Auriol, Giraldon ou Bellery. Mais en terme de caractères modernes, le choix laisse à désirer. Outre les Cochins, publiés en 1912, il se réduit à quelques « labeurs modernes », présentés dans le premier volume : l'Astrée, le Dorique et le Naudin. Dernier directeur de Deberny, Robert Girard avait dessiné l'Astrée, peu avant la guerre ; Carlègle, le Dorique ; quant au Naudin, il provenait des études de Bernard Naudin datant également d'avant-guerre. Charles Peignot put ainsi constater près d'un demi-siècle plus tard : « Lorsqu'en 1922, je fis, en vue de la fusion Peignot et Deberny, un stage chez Deberny, je me trouvai devant le même ordre de difficulté [que pour le Naudin]. Robert Girard avait fait graver selon ses dessins personnels un caractère que je baptisais Astrée, énnonçant par là que j'en attribuais la conception à une époque révolue. La plaquette de lancement évoque une atmosphère vaguement XVIIe siècle… Heureusement, tant pour le Naudin que pour l'Astrée, il existait alors dans le monde de l'imprimerie et dans celui de l'édition une absence quasi totale de culture et de curiosité typographiques ; et ces deux caractères firent une carrière modeste… »