Catalogue de la fonderie Jules Didot (1842)

Jules Didot l'aîné (1794-1871) est le fils de Pierre Didot, le grand éditeur et imprimeur de la Révolution et de l'Empire. Il travaille aux côtés de son père qui lui dédie son Spécimen des nouveaux caractères de la fonderie et de l'imprimerie de P. Didot l'aîné, publié en 1819. Jules lui succède en 1822, date à laquelle il est breveté imprimeur, et devient libraire-éditeur en 1824. A son tour, il se consacre à la fonderie et la gravure de caractères. Après la révolution belge de 1830, qui entraîne la sécession avec les Pays-Bas, Jules Didot décide d'installer son imprimerie et sa fonderie à Bruxelles. La suite de son histoire est assez confuse : certains chroniqueurs indiquent que ses affaires périclitent et qu'il vend son entreprise et son matériel au gouvernement belge qui l'emploie pour l'organisation de l'Imprimerie royale de Belgique. On retrouve le témoignage de sa production à Paris par le biais du Spécimen de la nouvelle fonderie de Jules Didot l'aîné (objet de ce dossier) publié en 1842. A la différence de Firmin, son oncle, et de Pierre, Jules Didot propose dans ce spécimen des labeurs aux formes arrondies, qu'il accompagne d'une série de « caractères de fantaisie » typiques de la période romantique. André Jammes parle de cette production comme s'inscrivant « au cœur du romantisme avec parfois des excès plein de saveur ». (Jammes, préface aux Spécimens de caractères de Firmin et Jules Didot, Paris, édition des Cendres, 2002). Jules Didot s'est par ailleurs beaucoup attaché à la ponctuation et à son possible renouvellement. Dans le spécimen de 1842, est ainsi publié un assez étonnant « Avis de Jules Didot l'aîné relatif à l'emploi de deux nouveaux signes de ponctuations ».
Document : bibliothèque de l'école Estienne.
Document numérisé : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k852262t