Sulpitii Severi, Opera, Elzevier (1635)

A la fin du XVIe siècle, la ville de Leyde aux Pays-Bas devient un foyer protestant, disposant d'une puissante université, enrichi par l'émigration française due aux guerres de religion. De grands humanistes comme Juste Lipse et Joseph Scaliger y enseignent, puis Claude Saumaise ou Daniel Heinsius. Les officines typographiques et les boutiques de libraires fleurissent. Louis Elzevier, installé dans la ville depuis 1580, fonde l'une des dynasties les plus célèbres du monde de l'imprimerie. Son petit-fils, Isaac, devient en 1621 imprimeur de l'Université. Les fils d'Isaac, Abraham et Bonaventure Elzevier, développent l'entreprise de 1626 à 1652, bénéficiant des avancées techniques dont l'imprimerie aux Pays-Bas est le creuset : encres de meilleures qualités, maîtrise de la pression de la platine sur la forme, gravure de caractères en très petits corps. Ils mettent en œuvre des éditions de petit format, in-12 ou même in-24, et néanmoins très lisibles. C'est le cas des œuvres de Sulpice Sévère (Sulpicius Severus), historien et ecclésiastique romain, dont ils publient un recueil, considéré durablement comme la plus belle édition jamais réalisée de cet auteur. Le romain employé pour le texte courant est un Garamond, probablement acquis à Francfort, chez Egenolff, dont les plus petits corps sont peut-être dus à Chistofell Van Dijck.
Sulpitii Severi, Opera omnia quæ extant, Ex optimis editionibus accuratè recognita, Lugduni Batavorum (Leyde), Ex officina Elzeviriana (Elzevier, Bonaventura & Elzevier, Abraham), 1635, 342 p., in 12.
Document : bibliothèque de l'école Estienne