Feuille d'épreuve de la fonderie de Firmin Didot (1820)

On connaît peu d'épreuves ou spécimens de caractères de Firmin Didot (1764-1836). L'emploi de ses types était réservé aux éditions familiales. On découvre l'apparition de ses nouveautés dans les compositions des ouvrages de prestige qui constituaient en quelque sorte leurs spécimens de présentation. Il en fut ainsi pour les premiers romains destinés à la Gerusalemme liberata, ouvrage imprimé par François-Ambroise, son père, gravés par Vafflard et auxquels contribua Firmin, en particulier pour les capitales. Les premières italiques réalisées pour le compte de son frère, Pierre, furent livrées à l'occasion de la parution de l'Epître sur les progrès de l'imprimerie (1784) de ce dernier. Nonobstant, une simple feuille spécimen fut éditée en 1790, rassemblant les premières séries de romains et d'italiques. Puis une Epreuve de l'Imprimerie impériale, dont Firmin devint le fondeur attitré à partir de 1811, présentant son romain millimétrique et ses ronde et anglaise. Il faut attendre 1820 pour qu'apparaisse un nouveau spécimen, soit peu avant que Firmin cède à ses fils, en 1827, son entreprise – comprenant alors une fonderie en caractères, une fabrique de papiers, une imprimerie et une librairie – pour se consacrer à la politique. Il présente romains et italiques en douze corps (du 5 au 16), trois corps de grec, deux de russes, un de gothique, ainsi que deux grands corps de bâtarde et de coulée (48 et 120). Mais la moitié de la planche grand in-folio est consacrée à la ronde et à l'anglaise, que Firmin considère comme ses chefs d'œuvre et qu'il n'a de cesse de perfectionner et de compléter depuis 1805. Voir dossier : Firmin Didot, Anglaise et Ronde (1805).
Document : bibliothèque de l'école Estienne