Spécimen de caractères, fonderie de Marcellin Legrand (1850)

Après avoir dirigé une « première gravure » d'une typographie remplaçant le romain du roi, de 1826 à 1832, Macellin-Legrand devient graveur officiel de l'Imprimerie royale au début des années 1840. Par ailleurs, succédant à Henri Didot, il développe sa propre fonderie, au sein de laquelle il procède à la gravure d'un corpus de caractères mobiles destinés au chinois, à partir de « sections » de types modulables, de manière à réduire les poinçons à un peu plus de 4 000. Voir : Spécimen : caractères chinois, gravés sur acier par Marcellin-Legrand, graveur des nouveaux types de l'Imprimerie Royale, sous la direction de M. Pauthier, 1838, ainsi que le Spécimen de caractères chinois gravés sur acier et fondus en types mobiles, par Marcellin-Legrand, 1859. En 1847, l'Imprimerie nationale lui confie une nouvelle gravure destinée à remplacer tout l'ancien matériel des caractères romains. Il s'inspire alors plus précisément des types de Pierre Didot, publiés en 1819. En revanche les romains qu'il livre, en 1850, pour le compte de sa fonderie, et dont le spécimen fait l'objet de ce dossier, sont plus classiques, et se veulent adaptés à leur temps. Beaucoup plus ramassé – ascendantes et descendantes sont étonnamment courtes –, ce Marcellin Legrand du milieu du siècle entend répondre à des besoins nouveaux, comme un moindre encombrement des textes dans la presse écrite. Il est accompagné d'une série de caractères gras, ainsi que de quelques normandes et d'égyptiennes, et de types fantaisie post romantiques de belle facture.