Jacques-François Rosart, Epreuve des caractères (1768)

Jacques-François Rosart (1714-1777), graveur et fondeur belge, livre plusieurs spécimens des caractères qu'il réalise au milieu du XVIIIe siècle. Originaire de Namur, il débute sa carrière comme graveur de poinçons au service d'Enschedé à Haarlem. A partir de 1759, il s'installe à Bruxelles où il monte une entreprise de fonderie qui connaît un succès notable. Il s'inscrit dans la lignée des graveurs hollandais mais porte son regard vers la France – il publie en français – et est sensiblement influencé par les créations de Fournier-le-Jeune, bien que ses types n'en possèdent pas l'élégance. Son Epreuve, publiée en 1768, révèlent un contentieux avec Enschedé, auquel Rosart dans sa préface conteste la paternité de certaines créations. « Je ne puis m'empêcher de marquer mon étonnement – souligne-t-il – que le Sieur Enschedé ait oublié l'artiste qui a fait l'honneur de sa Fonderie. Il [se] fait qu'il tient de moi nombre de caractères que je lui ai gravés, entre autres, les Capitales Ombrées, tous [sic] les Capitales Italiques de deux Points, tous les Fleurons & bien d'autres dont le détail serait trop long ; cependant il affecte dans La Gazette de faire passer le feu Sieur Fleischman pour le premier graveur de son siècle, dans le dessein de faire valoir sa Fonderie au préjudice de ceux qui sont encore peu connus… » Joan Michaël Fleischman (1701–1768) venait de mourir et sa célébrité allait croissant, notamment par le biais de sa typographie pour la musique, registre dans lequel Rosart prétendait lui aussi à l'excellence.

Épreuve des caractères, qui se gravent & fondent dans la nouvelle fonderie de Jacques François Rosart, Bruxelles, 1768. Document : bibliothèque de l'école Estienne.

Un facsimilé a été publié par Van Gendt & Co, Amsterdam, en 1973, préfacé et annoté par Fernand Baudin et Netty Hoeflake.