Jan Tschichold, « Qu'est ce que la Nouvelle Typographie ? » (1930)

En 1925, Jan Tschichold (1902-1974) réalise un dossier spécial de la revue Typographische Mitteilungen intitulé « Elementare Typographie ». En 1928, il publie Die neue Typographie, Ein Handbuch für zeitgemäss Schaffende, manifeste théorique de la Nouvelle typographie. En 1930, il livre un nouvel opus : Eine Stunde Druckgestaltung, soit un approfondissement de ses thèses et une démonstration de leurs qualités dans la communication publicitaire en particulier. Pour rappel, Tschichold et Kurt Schwitters ont fondé, en 1928, le Ring Neue Werbegestalter (Cercle des nouveaux graphistes publicitaires), qui organise vingt-trois expositions en Europe, de mars 1928 à juillet 1931, auxquelles participent les meilleurs créateurs de l'époque. Cassandre d'ailleurs est invité par le Ring et présente lui-même l'essentiel de ses membres dans la publication Publicité, qu'il fait paraître dans la collection « L'art international d'aujourd'hui » (n° 12), chez l'éditeur Charles Moreau, en 1929. C'est le mouvement moderne, et toute la recherche typographique qui l'accompagne, qui triomphe en Europe. La Nouvelle typographie a le vent en poupe, et la revue Arts et métiers graphiques, très partagée encore à cet égard, doit en tenir compte. Si bien que lorsque Jan Tschichold propose à la revue un dossier consacré à la Nouvelle typographie, il est accepté avec enthousiasme. Cette proposition de Tschichold se situe dans une véritable campagne de sa part pour propager ses thèses au plan mondial. La contribution dans AMG, sous le titre, « Qu'est ce que la Nouvelle typographie et que veut-elle ? » (n° 19, septembre 1930) est également diffusée en anglais dans le magazine Commercial Art, la même année. En vérité, il s'agit de l'introduction de Eine Stunde Druckgestaltung, qui vient de paraître en Allemagne, et qui est donc traduite pour les publics francophones et anglophones. On notera que les illustrations ont été choisies par Tschichold et qu'elles proviennent de son ouvrage. La dernière page de l'article, comme le fait régulièrement AMG, est occupée par des reproductions facsimilés en petit format, collées une à une dans chaque exemplaire de la revue.