Le Baskerville, fonderie Bertrand (1929), fonderie Deberny & Peignot (1935)

Les deux spécimens consacrés au Baskerville, celui de Bertrand et celui de Deberny et Peignot, publiés à vingt cinq ans de distance, donnent la clef de l'historique des caractères du maître anglais, achetés par Beaumarchais puis disparus durant plus d'un siècle. Dans le spécimen de la fonderie Bertrand, il est indiqué : « Après bien des péripéties, les poinçons devinrent la possession de la maison Plon, qui les vendit, en 1895, à M. A. Bertrand, fondeur en caractères. » On trouve en effet, dans un album des caractères de la fonderie Bertrand, le Baskerville mais mentionné sous l'appellation d'Elzévir ancien, ce qui tend à démontrer que la perte de l'identité du caractère s'est bien produite au XIXe siècle. Le spécimen Deberny et Peignot est plus disert : « A la mort de Beaumarchais les poinçons de Baskerville restent inutilisés dans sa famille : en 1818, ils sont vendus à Pierre Didot-l'aîné qui les légua à son fils Jules en 1822. En 1839, le matériel de Jules Didot est cédé aux frères Plon qui, en 1893, en revendent une partie (comprenant les poinçons de Baskerville non identifiés) à la fonderie Bertrand. En 1917, M. Bruce Rogers, alors qu'il était Conseiller typographique à Cambridge University Press, reconnaît l'origine de ces caractères. En 1935, Deberny et Peignot rachètent le fonds Bertrand, faisant ainsi l'acquisition de 2 750 poinçons, 3 052 matrices du caractère Baskerville. Enfin le 12 mars 1953, M. Charles Peignot fit donation de ces poinçons à Cambridge University Press, au nom des fonderies Deberny et Peignot. La série Baskerville présentée ici a été fondue sur des matrices réalisées après une étude approfondie de ces poinçons originaux de John Baskerville. »