Caractère Noël (1955)

Comme l'indique le thème, ce quatrième numéro de Caractère Noël est essentiellement consacré au dessin et fait la part belle à de nombreux auteurs, peintres, illustrateurs, caricaturistes, graphistes. Les signatures s'égrènent au long des pages dans le cadre d'un article, de la présentation d'une galerie ou pour des contributions originales demandées par des annonceurs de la chaîne graphique. Le choix est pour le moins éclectique, depuis Fernand Léger et Matisse, disparus peu, jusqu'aux peintres figuratifs à la mode, Buffet, Carzou, Brayer, Campigli, et même Fougeron, peintre officiel du PCF, en passant par une pléiade de noms oubliés de nos jours. D'entrée de jeu, un dossier traitant de « la femme et son image », par Frantz Calot, conservateur de la Bibliothèque de l'Arsenal, permet, à partir des « trésors » de cette bibliothèque, de se placer dans le registre érotico/grivois qui agrémente chaque parution. Le chapitre sur le dessin de presse rappelle la présence de Sennep et l'émergence de nouveaux venus, comme Jean Effel, Piem ou André François. « Graphisme de l'instant » offre d'intéressants témoignages des créations de Jean Carlu, de Jacques Nathan et de Savignac.
Maximilien Vox propose un extrait de Choix de Paul Iribe, fac-similé de la parution de 1930, qu'il commente ainsi : « Mon maître Paul Iribe (…) écrivit en 1930 le texte dont voici un extrait, qui fut édité par ses amis Draeger frères en une plaquette dont le luxe raffiné, non moins que le message capital, devait marquer une date : celle de l'arrêt d'un mouvement qui, à l'imitation de l'étranger, menait l'art décoratif et l'industrie française vers une impasse qui ne fut évitée que de justesse. Vingt-cinq ans après, le sens prophétique de ces paroles nous apparaît avec plus encore de claire évidence… » Le pamphlet antimoderne d'Iribe visait en particulier l'UAM (Union des artistes modernes) créée à Paris en 1929 – à laquelle Vox avait alors adhéré et s'était engagé à partager les valeurs. Le dernier chapitre, « Le signe et la ligne », traite pour l'essentiel des Rencontres de Lure dont Vox est « chancelier » et où il a soumis sa classification des caractères. Celle-ci est à nouveau à l'ordre du jour en 1955 et décision est prise de sa mise en application. Un encarté, « Défense et illustration de la lettre », illustre la classification avec pour chaque famille un commentaire graphique d'auteurs tels que Jacno, Gérard Blanchard, etc.
On notera qu'il est indiqué en préambule que les compositions sont assurées par les fonderies Deberny-Peignot, Lagrue, Monotype, Linotype, Ludlow, Olive.

Document : bibliothèque de l'École Estienne et Archives Signes.