Le Jacno, Marcel Jacno, Deberny et Peignot (1949)

Au sortir de la Seconde guerre, Marcel Jacno qui a été déporté pour faits de Résistance, se consacre à la création de caractères qu’il a imaginé lors de sa détention. Le Jacno est le fruit de sa réflexion sur la transcription de l’écriture manuscrite dans le champ de la typographie, déjà débutée avec le Scribe (voir dossier : Le Scribe, Marcel Jacno, Deberny et Peignot (1936)). Fidèle à la grande fonderie française, Jacno publie le type qui porte son nom à son enseigne en 1949. L’objectif est de fournir un excellent caractère de titrage pour la publicité. Il s’agit également, comme il est indiqué dans les plaquettes de promotion, de rendre « aux lettres leur puissance d’expression et leur chaleur créant ainsi une réaction opposable à la rigueur formelle qui s’est manifestée dans la typographie des années d’entre deux guerres. » Jacno remplace certaines formes capitales, A, M, N, Q, par les formes cursives correspondantes. Ces nouvelles « majuscules » ne sont que les « minuscules » du corps supérieur. Largement employé au début des années 1950, le succès du Jacno décline face à la concurrence des types de Roger Excoffon publiés par la fonderie Olive, dont le Banco – qu’Excoffon lui-même présenta comme une réponse au Jacno (voir dossier : Roger Excoffon, « 3 scriptes », fonderie Olive (1956))