Le Pascal, José Mendoza y Almeida, fonderie Amsterdam (1960)

Né en 1926, José Mendoza travaille avec Maximilien Vox au début des années 1950, puis de 1954 à 1959 il est assistant de Roger Excoffon à la Fonderie Olive. Très impliqué dans les Rencontres de Lure, il dessine son premier caractère édité par la fonderie Amsterdam, le Pascal, en 1960, à l’égide de la « typographie latine ». L’introduction du spécimen, réalisé par Mendoza et Gérard Blanchard, donne le ton : « Rigueur et finesse alliées font du Pascal un caractère de base qui apporte à la typographie d’aujourd’hui la grâce suprême de l’expression latine et la couleur neuve des incises. » Le Pascal est en effet une tentative de réponse à l’influence grandissante du style suisse et sa prétention moderne, qui sans être nommé est clairement visé : « [il] enleva à la lettre tout ornement, tout accent, et dépouilla sa nudité jusqu’à l’os. On fut moderne en adoptant “le bâton”, l’insensibilité fut la règle. » Son patronyme est d’ailleurs choisi en hommage au philosophe et mathématicien français, dont un extrait des Pensées est reproduit en une page entière sous le titre : « L’esprit de géométrie et l’esprit de finesse », laissant imaginer vers quel terme penche le concepteur du type. La fonderie Amsterdam, active depuis le début du siècle aux Pays-Bas, a longtemps soutenu la création de S.H. de Roos (1877-1962) : Hollandische mediæval, Egmont, Libra, De Roos. Très sensible aux préceptes de la typographie latine, ses responsables contribuent aux Rencontres de Lure et l’entreprise annonce beaucoup dans la presse française ; les spécimens d’Amsterdam bénéficient d’une version française, les types étant distribués par la société OFMI-Garamont, à Paris. Le Pascal, numérisé, est diffusé à présent par Neufville.